Brigitte Lefèvre – Bilan d’un règne (I) – Les années Gall : 1996-2004

Dix-huit ans, Brigitte Lefèvre est depuis dix-huit ans à la tête de la Direction de l’Opéra de Paris, pourtant en réalité, elle est entrée en 1992 dans les hautes sphères dirigeantes en tant qu’administratrice. Deux ans plus tard, elle devient directrice adjointe aux côtés de Patrick Dupond et à son départ mouvementé, elle lui succède. Il ne fallait d’ailleurs pas être prophète pour voir qu’elle convoitait les plus hautes instance de l’Opéra de Paris. Elle aura été la directrice artistique d’une génération de danseurs qui n’aura connu aucune autre direction que la sienne, ne leur permettant pas de progresser, de se remettre en question ou au contraire d’être mise en avant, et de s’étioler.
Brigitte Lefèvre est très contestée et contestable dans ses choix artistiques, mais il faut sans doute aussi mettre en avant les Directeurs de l’Opéra qui lui auront progressivement laisser de plus en plus le champ libre. Etant donné que la danse est la vache à lait de l’Opéra, les directeurs ne pouvaient que lui faire confiance. Elle connaîtra trois directions successives : Hugues Gall de 1996 à 2004, Gérard Mortier de 2004 à 2009 et enfin Nicolas Joel de 2009 à 2014. En septembre 2014, Stéphane Lissner prendra sa succession, tandis que Brigitte Lefèvre cédera sa place au médiatique Benjamin Millepied, tout en signant sa dernière saison pour l’Opéra. Pour ce bilan j’ai décidé de faire trois parties, une par direction, avec évocation des saisons, des tops, des flops, des étoiles nommées, des concours de promotion et des danseurs entrés dans le corps de ballet…

https://i0.wp.com/www.altamusica.com/wpic/gall_hugues.jpg

La première partie est donc consacrée à sa collaboration avec Hugues Gall.
J’essaierai de respecter le même schéma, saison, étoiles nommées, et résultats du concours de promotion ainsi que danseurs de l’Ecole de danse entrés dans le corps de ballet.
Le seul qui aura su la canaliser et qui fut pourtant très critiqué est Hugues Gall. Réputé comme tous les directeurs de l’Opéra comme plus enclins à préférer le lyrique au chorégraphique, il fut pourtant directeur totalement et présida tous les concours de promotion. Il décida aussi que le nombre d’étoiles serait limité, seuls les meilleurs danseurs atteindraient le nirvana, sage décision qui sera mise à mal par ses successeurs, comme nous le verrons plus tard.
Brigitte Lefèvre était donc dans les hautes sphères dirigeantes de l’Opéra quand éclata l’affaire Patrick Dupond qui juré au Festival de Cannes ne participa pas aux répétitions liées à l’entrée au répertoire du Sacre de Printemps de Pina Bausch et fut donc licencié. Il gagna ceci étant son procès pour licenciement abusif quelques années plus tard.  La première saison est due à Patrick Dupond, son remplacement par Brigitte Lefèvre ayant été lié à l’arrivée à la tête de l’institution d’Hugues Gall.

https://i0.wp.com/7d.img.v4.skyrock.net/2317/50152317/pics/2611402418_1.jpg

Saison 1996-1997

  • Notre-Dame de Paris (Petit)
  • Soirée Etoiles et Solistes : Auréole (Taylor) – Suite of Dances (Robbins) – Annonciation (Preljocaj) – Le Jeune homme et la Mort (Petit)
  • Chorégraphes du XXe siècle : Défilé – Suité en blanc (Lifar) – Fall River Legend (de Mille) – Rhapsody (Ashton)
  • Casse-Noisette (Noureev)
  • Soirée Balanchine/Stravinsky : Capriccio – Apollon – Violin Concerto – Agon
  • Bastille : La Belle au bois dormant (Noureev/Petipa)
  • Nouveaux chorégraphes d’Amérique : Ancient Airs and Dances (Tanner) – Musings (Kudelka) – Eja Mater (Grandmaître)
  • Soirée jeunes chorégraphes
  • Bastille : Signes (Carlson) – Création mondiale
  • La Sylphide (Lacotte/Taglioni)
  • Sylvia (Neumeier) – Création mondiale
  • Chorégraphes du XX siècle : Serenade (Balanchine) – Dark Elegies (Tudor) – Sacre du printemps (Bausch)
  • Ecole de danse – Garnier : Dessin pour six (Taras) – Le Chevalier et la Damoiselle (Lifar)  – Western Symphony (Balanchine).
  • Compagnie invitée : Ballet National de Marseille: Coppélia et Le Guépard

Cette première saison qui n’a officiellement rien à voir avec Brigitte Lefèvre contiendra pourtant plusieurs de ses chevaux de bataille repris et repris encore, comme Signes de Carolyn Carlson, Le Sacre du printemps de Pina Bausch et le Sylvia de Neumeier. A noter que Le Parc autre grand triomphe contemporain aura été créé en 1995. Il verra aussi l’entrée au répertoire du fameux Fall river Legend d’Agnes DeMille qui sera enfin repris cette saison, alors que c’est une pièce majeure du répertoire « classique-contemporain ».
C’est également la dernière saison de Françoise Legrée, l’étoile médiatique nommée sur le plateau du Grand échiquier mais détestée par Noureev qui la trouvait « Bolchoï ». Cela voulait tout dire pour un danseur du Kirov (Mariinsky) où le style est privilégié à la technique ostentatoire. Pour ses adieux, elle fera sa prise de rôle et ne dansera qu’un seul soir la Sylphide comme pour démontrer à ses détracteurs qu’elle pouvait être une étoile « lyrique ».
Côté nomination, seul José Martinez sera nommé danseur étoile le 31 mai 1997 sur la Sylphide. Agnès Letestu sera nommée la saison d’après. Logiquement leur nomination aurait du avoir lieu sur la Belle au bois dormant, mais la défection d’Isabelle Guérin entraîna le sauvetage du spectacle par Karin Averty, comme curieusement personne ne voulut jamais la nommer danseuse étoile, il n’était plus possible de procéder à leur nomination lors de leurs prises de rôle dans le couple Aurore/Désiré.
C
ôté concours de promotion, Pas de gros scandale dans les promotions, Aurélie Dupont, Ghislaine Fallou deviennent premières danseuses et Jean Guillaume Bart et Yann Bridard premiers danseurs mais la promotion de ce dernier dérange le public qui hue le classement annoncé publiquement dans la salle. Il est vrai que Yann Bridard est un artiste assez contesté à l’époque, même s’il marquera de son empreinte tous les rôles qu’il aura la chance d’interpréter. Hugues Gall a décidé les résultats seront désormais affichés au tableau de service et à la sortie des artistes où le public a l’habitude de se regrouper pour féliciter ou consoler ses artistes préférés.. Il décide aussi que les nominations ne seront plus publiques mais se feront sur le plateau à l’issue des représentations, rideau fermé au grand desarroi du public qui aimait partager ce moment-là ! On imagine aisément la frustration du spectateur qui quittant la salle entend des ovations sur le plateau et devine ce qui est en train de se passer sans y assister. Deviennent sujets Hervé Courtain et Yann Saiz, Nolwenn Daniel et Delphine Baey, coryphées :Myriam Kamionka, Alexandra Cardinale et Karl Paquette.
Entrent dans le corps de ballet :  Eleonora Abbagnato, Laurence Laffon, Bruno Bouché, Jean Sébastien Colau,Nicolas  Paul.
Erwan Leroux, Juliane Mathis, Maud Rivière, Marie-Isabelle Peracchi, Peggy Dursort sont surnuméraires

https://i0.wp.com/img149.imageshack.us/img149/9224/lac2ie9.png

Saison 1997-1998

  • Le Lac des Cygnes (Noureev/Petipa/Ivanov)
  • Soirée Française : Soir de Fête (Staats) – L’Arlésienne (Petit) – La Symphonie
    Fantastique (Massine)
  • Bastille : Raymonda (Petipa/Noureev)
  • Soirées Ballets russes : Les Sylphides (Fokine) – Le Spectre de la Rose (Fokine) – l’Après midi d’un faune (Nijinsky) – Petrouchka (Fokine)
  • Gala Chauviré : Défilé, Istar, Grand pas Classique, Giselle
  • Giselle (Coralli/Perrot, version Bart/Polyakov)
  • Casanova (Preljpcaj) – Création mondiale
  • Soirée de ballets : Vaslaw (Neumeier) – So Schnell (Bagouet)
  • Soirée Jeunes danseurs
  • Don Quichotte (Petipa/Noureev)
  • Bastille : Roméo et Juliette (Noureev)
  • L’Histoire de Manon (Mac Millan)
  • Ecole de danse – Garnier : Kylian Suite, La Somnambule (Balanchine), Le Bal des Cadets (Lichine)

La première saison de Brigitte Lefèvre sera relativement classique. La seule concession au contemporain sera la création mondiale de Casanova d’Angelin Preljocaj. Cette création a un goût sulfureux, avec son titre, on aurait pu s’attendre à un retour de la carte du tendre, version plus hard, il n’en sera rien, et nous aurons le droit à un discours sur les MST dit ceci étant avec talent par Isabelle Guérin. Il y aura aussi dedans ce superbe pas de deux entre Wilfried Romoli et Laurent Hilaire. Cette saison verra l’entrée au répertoire de So Schnell de Dominique Bagouet, mais le ballet ne sera jamais repris. On permet aussi la reconstitution de la Symphonie Fantastique. Cette soirée sera d’ailleurs filmée avec Karin Averty et José Martinez dans Soir de fête, Isabelle Guérin et Manuel Legris dans l’Arlésienne et Fanny Gaïda et Kader Belarbi dans la Symphonie Fantastique.
Côté nomination, seule Agnès Letestu sera enfin nommée en début de saison sur le Lac des cygnes.
Côté concours de promotion : Premier mini-scandale, aucun premier danseur et aucune première danseuse ne sont nommés au concours. Fanny Fiat et Karine Villagrassa deviennent coryphées de même que Gilles Porte qui quittera l’Opéra peu après en même temps que Julien Lestel. Stéphanie Romberg et Benjamin Pech deviennent sujets.
Entrent dans le corps de ballet : Alice Renavand, Stéphane Bullion, Aurélia Bellet, Julien Meyzindi, Sévérine Westermann  comme titulaire et Christelle Granier comme surnuméraire.

Saison 1998-1999

  • Coppélia (Bart) reprise
  • Giselle (Mats Ek)
  • Spectacle de ballets : Rhapsody in blue (Duboc) – Temptation of the moon (Graham) – Lamentation (Graham) – Sacre du printemps (Bausch)
  • Bastille : La Bayadère (Noureev/Petipa)
  • Don Quichotte (Noureev/Petipa)
  • Sylvia (Neumeier)
  • Hommage à Robbins : Other Dances
  • Soirée Balanchine/Robbins : Concerto Barocco (Balanchine) – Apollon Musagète (Balanchine)  – The Concert (Robbins) – In the Night (Robbins)
  • Spectacle William Forsythe : Pas/PartsVertiginous Thrill of Exactitude – In the Middle, somewhat elevated – Woundworks II
  • Bercy : Neuvième Symphonie (Béjart)
  • Bastille : Le Parc (Preljocaj)
  • Soirée de ballets : Apollon musagète (Balanchine) – Orison (Darde) – Doux Mensonges (Kylian)
  • Le Lac des cygnes (Noureev/Petipa/Ivanov)
  • La Sylphide (Lacotte/Taglioni)
  • Ecole de danse – Théâtre des Champs Elysées : Les deux Pigeons (Aveline) – Yondering (Neumeier)
  • Compagnies invitées : Nederlands Dans theater
    Ballet Royal du Danemark – Conservatoire

Cette saison sera marquée par l’échec retentissant des deux créations majeures, à savoir Rhapsody in blue commandée pour les 100 ans de la naissance de George Gershwin et qui ne sera jamais repris. Pourquoi n’a-t’elle pas fait rentrer au répertoire le Who Cares de Balanchine qui aurait autrement mieux célébré cet anniversaire que ce triste ballet d’Odile Duboc. C’est aussi le début des commandes aux chorégraphes issus du corps de ballet. Si Pierre Darde, sujet de l’Opéra de Paris était un des piliers des soirées jeunes chorégraphes, lui confier un ballet pour la compagnie était une absurdité, surtout quand il est confronté dans la même soirée à Balanchine et Kylian. Même si l’atmosphère de Doux Mensonges ne m’a jamais emballée c’était quand même d’un autre niveau. Il y aura par contre la création de deux nouvelles oeuvres de Forsythe après France Dance et In the Middle, le chorégraphe crée deux ballets toujours repris Woundworks II, et Pas/Parts. L’Opéra se délocalise aussi pour quelques dates en donnant la Neuxième Symphonie de Béjart au Palais Omnisport de Bercy. C’était une idée de Patrick Dupond qui voulait ainsi renouer avec ces grandes productions qui avaient lieu au Palais des Sports comme Le Songe d’une nuit d’été ou au Palais des congrès avec la Belle au bois dormant, Roméo et Juliette, Le Lac des cygnes…
La reprise de Coppélia verra la jeune génération s’emparer du ballet, les étoiles présentes à la création à commencer par Manuel Legris ne veulent pas reprendre la chorégraphie alambiquée signée Patrice Bart. On y verra donc Christophe Duquenne, Yann Saiz, Véronique Doisneau notamment.
Elisabeth Platel fera ses adieux dans la Sylphide aux côtés de Nicolas Le Riche pour le premier acte et Manuel Legris pour le second acte.
Côté nomination Aurélie Dupont  sera enfin promue étoile le soir de la Saint-Sylvestre dans le rôle de Kitri, Don Quichotte.
Côté concours : Eleonora Abbagnato, Amélie Lamoureux, Muriel Zusperreguy, Hervé Moreau, Bruno Bouché et Julien Meyzindi sont promus coryphées. Laetitia Pujol et Fanny Fiat deviennent enfin sujets de même que Jérémie Bélingard et Guillaume Charlot. Sont promus premiers danseurs : Benjamin Pech, Clairemarie Osta et Marie-Agnès Gillot.
Entrent dans le corps de ballet entre autres ; Emilie Cozette, Eve Grinszajn, Julie Martel, Caroline Robert, Gwenaelle Vauthier, Sabrina Mallem n’entrera qu’en tant que surnuméraire. Chez les garçons Gregory Gaillard et Romain Schott sont les heureux entrants. le second quittera l’Opéra l’année d’après.

Saison 1999-2000

  • Bastille : Le Lac des cygnes (Noureev/Petipa/Ivanov)
  • Clavigo (Petit)
  • Le concours (Béjart)
  • Spectacle de ballets : Capriccio (Balanchine)) – Le Rire de la Lyre (Montalvo) – Réversibilité (Kélemenis)
  • Bastille : La Belle au bois dormant (Noureev/Petipa)
  • Casanova (Preljocaj)
  • Soirée Roland Petit : Les forains – Carmen – Le Jeune homme et la Mort
  • Cendrilon (Noureev)
  • Bastille : Signes (Carlson)
  • Soirée de ballets : Perpetuum (Naharin) – Appartement (Ek)
  • Giselle (Coralli/Perrot – version Bart/Polyakov)
  • Bastille : Raymonda (Noureev/Petipa)
  • Ecole de danse – Garnier : Pêchés de jeunesse (Bart) – L’Oiseau de feu (Fokine) – Sept danses grecques (Béjart)
  • Compagnies invitées : Päul Taylor Dance Company  et la Nederlands Dans theater

Le système Lefèvre se met en place, on commence à reprendre systématiquement les mêmes ballets et à inviter les mêmes compagnies. Il y aura naturellement la création mondiale de Clavigo qui marquera la saison, même s’il ne s’agit pas d’une des oeuvres les plus abouties de Roland Petit, elle constitue un évènement et la variation de Marie constituera à partir de ce moment-là une des variations  libres de prédilection lors du concours de promotion. Une des entrées les plus sympathiques de l’époque Lefèvre sera certainement celle du Concours de Maurice Béjart, ballet-policier où les danseurs semblent s’éclater dans leurs personnages notamment José Martinez en Magicien, ou Karl Paquette en alternance avec Yann Saiz dans le rôle d’un rocker. Casanova est repris tout comme Signes. Il y a la création ratée de Perpetuum. On commence à voir la politique « contemporaine » de Lefèvre s’installer avec l’entrée au répertoire de chorégraphes soit disant majeurs mais qui sans doute effrayé par la grande maison n’arrivent pas à créer le ballet qui faut. comme Kelemenis et son réversibilité ou Montalvo et son rire de la Lyre C’est aussi la création évènement d’Appartement de Mats Ek qui sera par contre un succès et continue de l’être même si personnellement je n’apprécie guère cette chonique de la vie quotidienne. Ce sera l’entrée au répertoire des Forains, le ballet au répertoire de l’Ecole de danse fait son entrée au répertoire officiel de l’Opéra de Paris. Un grand gala organisé pour le passage à l’an 2000 permet aussi de voir Sylvie Guillem dans le Boléro.
Côté nomination :
Jean-Guillaume Bart devient étoile sur la Belle au bois dormant. Nomination on ne peut plus logique et méritée.
Côté concours :
Beaucoup de places pour un concours tardif, Laurence Laffon, Marie Solène Boulet, Emilie Cozette, Caroline Bance, Juliette Gernez, Nicolas Paul,  Vincent Cordier, Alessio Carbone et Nicolas Noël deviennent coryphées Eleonora Abbagnato, Isabelle Ciaravola, Karl Paquette et Emmanuel Hoff passent sujets, Laetitia Pujol devient première danseuse, tandis qu’une fois encore la place chez les garçons n’est pas pourvue, mais le grand favori, Jérémie Bélingard s’est blessé et comme aussi bien la direction que les danseurs ne veulent pas voir Emmanuel Thibault premier danseur, cela crée encore un mini-scandale.
Entrent dans le corps de ballet :Juliette Gernez, Daphné Gestin, Myriam Ould Braham, Sébastien Houette, Florian Magnenet comme stagiaires Miho Fuji est surnuméraire.

https://i1.wp.com/www.notedidanza.fr/picture/actualite/original/3790_7746_20a_icare.jpg

Saison 2000-2001

  • Raymonda (Noureev/Petipa)
  • Soirée de ballets : Apollon Musagète (Balanchine) – Suite of Dances (Robbins) – Annonciation (Preljocaj) – Yamm (Hoche)
  • Spectacle William Forsythe : Pas/Parts – Vertiginous Thrill of Exactitude – In the Middle, somewhat elevated – Woundworks II
  • Bastille : Casse-Noisette (Noureev)
  • Jewels (Balanchine)
  • Paquita (Lacotte/Petipa/Mazillier)
  • Soirée Jerome Robbins : In the Night – The Cage – Other Dances – The Concert
  • L’Histoire de Manon (Mac Millan)
  • Soirée Jiri Kylian : Stepping Stones – Doux Mensonges – Bella Figura
  • Bastille : Nosferatu (Gallotta)
  • Soirée Jeunes danseurs
  • Bastille : Roméo et Juliette (Noureev)
  • Le Songe d’une nuit d’été (Neumeier)
  • Ecole de danse – Garnier Coppélia (Saint-Léon/Lacotte) – Yondering (Neumeier)
  • Compagnies invitées : Compagnie Antonio Marquez –  Philippe Decouflé : Shazam San Francisco Ballet : Prism (Thomasson) – Chaconne pour un piano et deux danseurs (Tomasson) – Night (Adam) – Sandpaperballet (Morris) ou Otello (Lubovich)

Une fois encore on reprend les mêmes ballets et on repropose les mêmes ballets. A croire que Balanchine n’a chorégraphié qu’Apollon musagète, les mêmes Robbins, même si ce sont des chefs d’oeuvre et qu’ils sont encore interprétés avec talent par les étoiles de l’Opéra. A noter que cette saison sera la dernière d’Isabelle Guérin qui aurait voulu faire ses adieux à Garnier et ne pourra pas les faire. Elle sera acclamée lors de sa dernière Manon, elle refusera de faire ses adieux à Bastille car sa maison est Garnier. Elle reviendra pour une ultime soirée la saison suivante sur Notre-Dame de Paris aux côtés de Massimo Murru. Ce sera aussi les adieux de Fanny Gäïda sur Roméo et Juliette ainsi que de Karin Averty à qui l’on permettra d’aborder le rôle principal pour ses adieux.
En plus les mixages bizarres continuent après le Capriccio mixé à Réversibiliitié et le Rire de la lyre la saison précédente, cette saison on a une soirée bizarre Balanchine / Robbins / Preljocaj / Hoche. Je serais bien en peine de parler de Yamm n’en ayant gardé aucun mais absolument aucun souvenir. Là encore une création mondiale qui n’aura pas servi à grand chose, comme quelques mois plus tard Nosferatu de Galotta. Ceci étant, ce ballet sera repris, sans doute du fait des frais engagés notamment dans le décor empîétant une partie du parterre de Bastille. A noter que cette saison verra l’entrée au répertoire de Jewels, et la création de la version intégrale de Paquita par Pierre Lacotte ainsi que de Stepping Stones et Bella Figura de Kylian. On aura la chance de revoiir le Songe d’une nuit d’été de Neumeier. La saison en elle-même n’est pas désagréable, mais trop de reprises, de ballets vus et revus depuis des années et cela continuera.
Aucune étoile ne sera nommée cette saison-là. Il est loin le temps où les danseuses qui reprenaient au pied levé un rôle se voyaient promues. Ainsi Clairemarie Osta et Marie-Agnès Gillot qui remplacent Aurélie Dupont lors de la création de Paquita ne verront pas leur talent récompensé, pourtant toutes les deux auraient mérité le titre sur leurs prestations.

Côté concours ; Véronique Cabiac, Aurore Cordelier, Juliette Gernez, Mallory Gaudion et Stéphane Bullion deviennent coryphées Mélanie Hurel, Muriel Zusperreguy, Alessio Carbone et Hervé Moreau sont promus sujets. Eleonora Abbagnato, Jérémie Bélingard et Karl Paquette rejoignent les premiers danseurs. Mélanie Hurel devient enfin sujet après des années d’attente et de classement. Scandale pour certains, normal pour d’autres, l’absence une fois encore d’Emmanuel Thibault dans la liste des promus. Le concours ayant lieu tard cette année-là, les stagiaires intégrés en début de saison ont le droit de passer le concours, ce qui explique la promotion d’Aurore Cordelier.
Entrent dans le corps de ballet : Dorothée Gilbert, Aurore Cordellier, Ninon Raux, Adrien Bodet, Sébastien Bertaud, Audric Bezard
Lucie Mateci,Pauline Verdusen et Gregory Dominiak sont surnuméraires.

https://i2.wp.com/ekladata.com/ZX-woz1pJIfZSU2Bd3ovyLdfyh8.jpg

Saison 2001-2002

  • Notre-Dame de Paris (Petit)
  • Giselle (Ek)
  • Bastille : La Bayadère (Petipa/Noureev)
  • Hommage à Boris Kochno : Le Fils Prodigue (Balanchine) –  Les sept pêchés capitaux (‘Scozzi)
  • Soirée de ballets : Petrouchka (Fokine) – L’après midi d’un faune (Nijinsky) – Afternoon of a Faun (Robbins) – Shéhérazade (Li)
  • Clavigo (Petit)
  • Bastille : Le Parc (Preljocaj)
  • Hurlevent (Belarbi)
  • Coppélia (Bart)
  • Bastille : Don Quichotte (Noureev/Petipa)
  • Soirée de ballets : Pulcinella (Dunn) – Violin Concerto (Balanchine) – Sacre du printemps (Bausch)
  • Le concours (Béjart)
  • Ecole de danse – Garnier :  La Fille mal gardée (Dauberval/Bessy) – Western Symphony (Balanchine)
  • Compagnies invitées : Ballet de la Scala de Milan- Excelsior et Compagnie Antonio Marquez

Une fois encore des reprises, des reprises et encore des reprises. Seul évènement majeur la création de Hurlevent-Wuthering Heights de Kader Belarbi. Lefèvre continue à confier la troupe aux danseurs-chorégraphes maison, et ici c’est une réussite incontestable et incontestée. Il y a aussi la création mondiale de Shéhérazade de Blanca Li qui divise les spectateurs, mais ne sera jamais reprise en dépit des sublimes costumes signés Christian Lacroix (comme ceux de Jewels la saison précédente). Mais toujours des reprises : Coppélia, Le Parc qui migre à Bastille, Clavigo, Don Quichotte, etc.
Côté nomination : Marie-Agnès Gillot ouvre la saison avec Esmeralda dans Notre-Dame de Paris, elle danse Nikiya, Kitri, crée Hurlevent tout le monde pense qu’elle va être étoile mais Hugues Gall ne l’aime pas, et du coup contre toute attente, elle n’est pas promue, et c’est Laetitia Pujol qui est nommée. Son partenaire Benjamin Pech lui aussi premier danseur n’est pas nommé, cruelle nomination. Contrairement à aujourd’hui où les nominations sont un secret de Polichinelle, les nominations étaient bien cachées et chaque prise de rôle laissaient penser qu’on pouvait nommer le danseur. Quelques initiés avaient dit avoir été invités ce soir-là pour une nomination et initialement c’était Clairemarie Osta qui devait danser et s’est blessée deux jours avant sa date. Laetitia Pujol bénéficie de ce forfait même si elle avait quand même eu deux jours pour se préparer, contrairement à Clairemarie Osta qui avait sauvé Paquita la saison précédente. Bref ce sera un des grands scandales dans le monde des balletomanes, même si sans doute Lefèvre n’y est certainement pas pour grand chose mais l’entre-deux tours des présidentiellles et les blessures ont changé le cours des choses.
Côté concours : Myriam Ould Braham et Gregory Gaillard deviennent coryphées, Emilie Cozette, Laurence Laffon et Mallory Gaudion sont promus sujets. Nolwenn Daniel devient première danseuse devant Mélanie Hurel et surtout Stéphanie Romberg. Il n’y a pas de concours pour les sujets hommes. C’est le début de la mise au placard de Nolwenn Daniel qui paye pour la non promotion de Stéphanie Romberg. Elle ne sera pas distribuée. Brigitte Lefèvre.
Entrent dans le corps de ballet : Charline Giezendanner, Claire Bevalet, Mathieu Ganio, Cyril Mitilian, Julien Cozette

https://blogdecathyblog.files.wordpress.com/2014/01/4a8d6-paquita1.jpg

Saison 2002-2003

  • Soirée Petit/Robbins : Passacaille (Petit) – Other Dances (Robbins) – The Cage (Robbins) – L’Arlésienne (Petit)
  • Bastille : Le Lac des Cygnes (Noureev/Petipa/Ivanov)
  • Casanova (Preljocaj)
  • Soirée Lock/Kylian : Andreauria (Lock) – Bella Figura (Kylian)
  • Paquita (Lacotte, Petipa, Mazillier)
  • Bastille : Sylvia (Neumeier)
  • Hommage à Rudolf Noureev (Marguerite et Armand – Ashton)
  • Jewels (Balanchine)
  • Soirée Teshigawara/Ek : Air (Teshigawara) – Appartement (Ek)
  • La petite danseuse de Degas (Bart)
  • Bastille : Soirée Béjart : Oiseau de feu – Webern opus V – Phrases de QuatuorLe Mandarin Merveilleux
  • L’Histoire de Manon (Mac Millan)
  • Giselle (Coralli/Perrot – version Bart/Polyakov)
  • Ecole de danse – Garnier : Pêchés de jeunesse (Bart) – Jeux de Cartes (Charrat) – Mouvements (Bessy)
  • Compagnies invitées  Ballet de Hambourg : Nijinsky (Neumeier)
    Nederlands Dans Theater

On remarquera encore les reprises de Manon, de Giselle, de Jewels, de Sylvia, le Lac des cygnes, Other Dances, etc. Il y aura la création d’Air de Teshigawara, de la Petite danseuse de Degas de Patrice Bart et l’entrée au répertoire du Mandarin merveilleux ainsi qu’une création mondiale de Maurice Béjart pour Manuel Legris et quatre jeunes danseuses : Phrases de Quatuor.  Le Nederlands Dans Theater est encore invitée. On a la chance de découvrir le Nijinsky de Neumeier. I Lors d’une soirée hommage pour les dix ans de la mort de Noureev, on découvre Marguerite et Armand de Sir Frederick Ashton avec Sylvie Guillem.
Côté nomination : Clairemarie Osta est nommée étoile ironie du sort sur Paquita, les mauvaises langues diront que ce n’est pas pour rien que Nicolas Le Riche est dans le jury du concours qui doit se tenir le lendemain de cette promotion et assure ainsi la promotion des favoris du moment. Sur le moment Clairemarie Osta ne semblait pas forcément une étoile avec un grand « E », mais avec le recul, il s’avère qu’il s’agira sans doute d’une des plus artistes de toutes. les danseuses étoiles.
Côté concours : Beaucoup de places sont offertes. Dorothée Gilbert, Eve Grinsztajn, Sévérine Westermann, Matthieu Ganio, Alexis Renaud, Young Geol Kim, Simon Valastro et Florian Magnenet rejoignent la classe des coryphées. Myriam Kamionka, Caroline Bance, Myriam Ould Braham, Bruno Bouché, Stéphane Bullion, Jean-Christophe Guerri et Nicolas Paul deviennent sujets. Mélanie Hurel, Stéphanie Romberg, Alessio Carbone, et Hervé Moreau sont promus premiers danseurs. La promotion d’Hervé Moreau est quelque peu contestée du fait d’un concours en demi-teintes, mais le danseur ratant systématiquement ses concours et ayant l’éclat d’un premier danseur hors concours, il mérite amplement cette promotion. Plus inattendue la première place d’Alessio Carbone, et naturellement il y a toujours des inconsolables devant la non promotion d’Emmanuel Thibault. Stéphanie Romberg devient première danseuse, mais force est de constater qu’elle n’obtient pas la première place.
Entrent dans le corps de ballet : Laura Hecquet, Mathilde Froustey, Emilie Hasboun, Josua Hoffalt, Vincent Chaillet ainsi qu’Alexandre Labrot en tant que surnuméraire.

https://i0.wp.com/www.ballerinagallery.com/pic/gillot07.jpghttps://i0.wp.com/www.altamusica.com/wpic/ganio_mathieu.jpg

Saison 2003-2004 – Dernière saison Gall/Lefèvre

  • Soirée Balanchine : Symphonie en Ut – Le Fils Prodigue – Les quatre tempéraments
  • Clavigo (Petit)
  • Soirée Balanchine/Robbins Serenade– Tchaïkovsky pas de deux (Balanchine) – Afternoon of a faun (Robbins) – Concerto Barocco (Balanchine)
  • Bastille : Ivan le Terrible (Grigorovitch)
  • Soirée de ballets Pavane (Kelemenis) – Glacial Decoy (Brown) – Trait d’union (Preljocaj) –  Liebesliederwalzer (Balanchine)
  • Giselle (Coralli/Perrot – version Bart/Polyakov)
  • Soirée Kylian : Stepping Stones – Il faut qu’une porte – Doux mensonges
  • Bastille : Signes (Carlson)
  • Hommage à Claude Bessy (Défilé)
  • Soirée de ballets : Noces (Nijinsky) – Septième lune (Bombana) – Le Sacre du printemps (Taylor)
  • Bastille : Don Quichotte (Noureev/Petipa)
  • Giselle (Ek)
  • La Sylphide (Lacotte/Taglioni)
  • Ecole de danse – Garnier  Daphnis et Chloé (Skibine), Concerto en ré, Play Bach (Bessy)
  • Compagnies invitées : Bolchoï – Le Lac des cygnes (Grigorovitch/Petipa/Ivanov) – La fille du Pharaon (Lacotte/Petipa)  – Le Clair Ruisseau (Ratmansky)

Une fois encore des reprises, toujours des reprises, ce sont les 20 ans de la disparition de Balanchine, et deux soirées sont proposées en hommage. On peut aussi voir pour la seule et unique fois le subtil Liebesliederwalzer. Encore une nième reprise de Signes, de Giselle. On reprend la Giselle de Mats Ek, Marie-Agnès Gillot y fait ses débuts. Deux créations mondiales : il faut qu’une porte de Kylian inspirée du tableau « le verrou » de Fragonard, et Septième Lune de Bombana. C’est aussi le début de la venue régulière du Bolchoï à l’Opéra de Paris avec notamment la Fille du pharaon et le Clair Ruisseau qui remplace la soirée Dame de Pique qui aurait du mettre en valeur Nicolaï Tsiskaridze. On redécouvre Ivan Le Terrible de Grigorovitch, une distribution attire particulièrement celle réunissant Mathilde Froustey quadrille juste entrée dans le corps de ballet, Matthieu Ganio et Stéphane Bullion sujets et Glacial Decoy, ballet dans le silence  de Trisha Brown fait son entrée au répertoire. LiebesliederWalzer qui montrait un autre aspect du chorégraphe ne sera pas repris, mais quelle idée aussi de programmer ce ballet évoquant les salons du 19ème siècle dans une soirée contemporaine. On avait l’impression avec ce programme qu’il fallait montrer une certaine ringardise de la danse « classique-néoclassique ».
Côté nomination : Hugues Gall ne veut sans doute pas finir son mandat sans avoir nommé celle que tout le monde attend à savoir Marie-Agnès Gillot. Elle qui a pourtant brillé sur les rôles classiques est nommée étoile sur Signes. Et puis il y a le coup de pub, à savoir la nomination de Mathieu Ganio qui était évidente, mais est arrivée trop tôt. Maintenant toute fin de règne entraîne souvent cette valse de nominations.
Côté Concours : Mathilde Froustey, Sabrina Mallem, Josua Hoffalt et Martin Chaix sont promus coryphées, Dorothée Gilbert, Matthieu Ganio et Simon Valastro rejoignent les sujets. Isabelle Ciaravola qui a eu tellement de mal à progresser dans la hiérarchie devient première danseuse. I Il n’y a pas de concours chez les garçons.

Entrent dans le corps de ballet : Laurène Levy, Axel Ibot, Fabien Révillion

***********

Alors bilan de ces années Gall/Lefèvre, les saisons individuellement sont équilibrées, mais on constate que ce sont toujours les mêmes ballets qui sont programmés. Les promotions au niveau des étoiles sont légitimes et rares. Il y a même une saison sans nomination. Durant cette période seules les nominations de Laetitia Pujol et de Clairemarie Osta  ont fait couler de l’encre, la première car personne ne l’attendait, la seconde car elle était Madame Le Riche, maintenant elles sont toutes les deux reconnues. La première fait quand même fait une carrière en dent de scie depuis quelques années, elle a du renoncer à certains rôles, mais visiblement semble de nouveau en forme depuis cette saison (quoiqu’elle ait du renoncer à Tatiana). La seconde a fait ses adieux il y a deux ans sur l’Histoire de Manon.
Au niveau des créations, les chorégraphies gadgets commandées aux chorégraphes modes en vogue au théâtre de la ville tombent à plat et ont toutes sombré dans l’oubli. Aucune n’est encore donnée actuellement Seuls Doux Mensonges et Hurlevent, et les oeuvres entrées au répertoire de chorégraphes majeurs tels Jiri Kylian, William Forsythe ou Mats Ek perdurent. Signes était une entrée au répertoire liée à Patrick Dupond. Lefèvre aura marqué cette période de son empreinte au travers de toutes les reprises qui semblent liées à un amortissement des productions : droits achetés pour tant de représentations sur tant d’années. On se demande comment cela se faisait avant. Les entrées au répertoire qui ont marché sont Joyaux de Balanchine ou la reconstitution de Paquita,  Il y a aussi dans les créations, la Petite danseuse de Degas qui a été reprise tant que Patrice Bart était maître de ballet, mais le ballet ne séduit pas par sa musique.
Enfin si la première partie du règne Lefèvre semble correcte, cela va s’aggraver notamment au niveau promotion que ce soit au niveau des étoiles ou des premiers danseurs à partir de l’arrivée de Gérard Mortier à la direction. Mais cela fera l’objet du prochain article.

(à suivre…)

© Icare

A lire la suite

Brigitte Lefèvre – Bilan d’un règne II – Les années Mortier (2004-2009)

Brigitte Lefèvre – Bilan d’un règne III – Les années Joël (2009-2014)

Enregistrer

5 réflexions au sujet de « Brigitte Lefèvre – Bilan d’un règne (I) – Les années Gall : 1996-2004 »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s